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Le web passe au vert

Protection de la Planète : mettons les choses à plat

Non, ce n’est pas de ta faute si la Terre est déréglée

C’est ce qu’on veut bien nous faire croire pourtant, non ? Je sors sans doute un peu des sentiers battus puisque j’ai plus l’habitude d’aborder l’écologie sous l’angle du numérique. Mais j’en ai assez d’entendre et de lire partout des injonctions qui poussent les gens comme toi et moi à culpabiliser parce qu’on n’en ferait pas assez pour la protection de notre chère planète. C’est noyer le poisson pour ne pas voir les vrais coupables, ceux qui causent les plus gros dégâts. Si toi aussi, tu te sens dépassé par le mouvement écolo et tous ces comportements éco-responsables à adopter, que ton cerveau sature, je t’invite à prendre du recul sur tout ça et à lire ce qui suit !

Ma propre expérience avec l’écologie

Cet article pourrait sembler auto-centré, mais j’ai besoin de partager mon expérience et mon évolution afin que tu comprennes mon cheminement de pensée. Mon déclic, concernant la situation de la planète, remonte au moment où je suis devenue végétarienne, soit en 2015. J’ai arrêté de consommer de la viande pour des raisons éthiques, je ne cautionnais pas l’industrie de la viande et toutes ses dérives. Afin de me nourrir au mieux et de découvrir une autre façon de m’alimenter, j’ai commencé à me renseigner. Je découvre rapidement que, au-delà de la souffrance animale, manger de la viande créé un impact direct sur l’environnement. L’élevage est responsable à lui seul de 14,5 % des émissions mondiales de CO2… Plus je creuse, plus le cercle infernal se dessine. Pour nourrir tout ce bétail, il faut produire en masse du soja. Sauf que la Terre n’est pas dotée d’espaces extensibles, alors on rase des forêts entières pour ces productions de céréales. Je ne parle même pas de l’eau, dont les ressources sont là aussi dégradées au profit des élevages. En effet, il faut bien de l’eau pour faire grandir toutes ces cultures, sans parler de l’hydratation des bêtes. Mon sang ne fait donc qu’un tour, je trouve ça absurde. Sauf que l’élevage industriel et intensif, c’est seulement un point parmi tout ce qui ne tourne pas rond sur cette planète.

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Je creuse ensuite toujours plus de sujets, même si ça fait mal, je me refuse de vivre dans un monde où l’on me cache des choses. J’agis à mon niveau, je mets en place des petites actions au fur et à mesure et j’entraîne comme je peux mon entourage avec moi. Moralement, je suis triste, énervée, j’ai envie que ça bouge, rien ne va assez vite. La passivité des gens autour de moi m’exaspère. J’ai envie qu’ils ouvrent les yeux une bonne fois pour toutes et qu’ils agissent. À cette époque, je ne me rends pas compte que mon champ d’action est limité et que le sujet de la protection de l’environnement est encore bien plus vaste et complexe que ça.

Une vision de l’écologie non immuable

En réalité, je commence doucement à changer mon angle de réflexion à partir de cette année 2020. Les ressources présentes sur Internet sont précieuses et les réseaux sociaux ont une portée éducative. Je suis des personnes qui sont passées par le même état que moi, je vois leur évolution, je m’interroge. Je lis des choses, je me fais ma propre opinion. Je me rends compte que l’écologie, c’est un milieu de bobo. Mes propos sont à nuancer, bien évidemment, mais c’est un privilège d’être consciemment écolo. Quand tu es pauvre, tu n’as pas le choix, tu es « écolo » par essence, pour survivre tout simplement. Le milieu écolo est un milieu essentiellement privilégié, blanc, qui favorise indirectement un certain mépris de classe.

« Tout le monde vit sur cette planète, tout le monde devrait être concerné par la protection de l‘environnement et l’écologie ». Je l’ai pensé durant plusieurs années. Mais ce n’est pas si évident, ça le serait si tout le monde vivait sur un même pied d’égalité. Le problème n’est pas horizontal, mais vertical. Finalement, je constate en écoutant certaines personnes parler, que c’est un milieu non inclusif et qui donne toujours la parole aux mêmes. Les premiers concernés, à savoir les pauvres, ne sont pas intégrés dans la lutte. Or, le dérèglement climatique touche les plus pauvres en premiers, ce n’est pas une révélation. Enfin, où sont les personnes racisées dans les médias ? Elles ne sont pas entendues, alors qu’elles font partie des premières personnes concernées, dominées elles-mêmes par une catégorie de la population. Je ne maîtrise pas assez le sujet et je ne veux pas parler pour les autres, mais il est grand temps de relier l’écologie et le colonialisme. La Terre est déréglée parce que son vivant, sous toutes ses formes, n’est pas respecté.

J’ai intégré les premières données de surface récoltées sur l’écologie, comme l’exploitation abusive des ressources naturelles et du vivant. Le problème sous-jacent demeure humain. On ne peut pas espérer abolir la domination de l’Homme sur la nature quand il existe déjà des formes d’oppression au sein de sa propre société. L’écologie amène avec elle d’autres formes de combats comme la lutte contre le racisme ou encore le patriarcat.

Les petites gens ne peuvent pas grand-chose contre le réchauffement climatique

Si on reprend l’écologie sous le prisme de la protection de la nature, ça y est, depuis au moins un an ou deux, on commence davantage à en parler. Enfin ! Ça se sait, la Terre va mal, les espèces disparaissent, celles qui sont encore vivantes étouffent sous le plastique qui se répand partout. Ce n’est pas comme si les scientifiques nous prévenaient depuis des décennies, mais bon. De temps en temps, on a des réunions internationales avec des dirigeants de ce monde, qui se donnent bonne conscience en faisant croire qu’ils vont faire bouger les choses. « Ouais ouais, l’objectif c’est bien de rester en dessous de la barre des 2 °C » ; « oui oui, le projet c’est d’interdire le plastique à usage unique en 2634 » ; « pour les grosses entreprises qui polluent, bah on va voir ce qu’on peut faire ».

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De notre côté, quand on voit ce genre de comportements, on se demande où cette histoire va nous mener. Au choix, on se laisse bouffer par ce contexte anxiogène ou on décide tout de même d’agir comme on peut, selon nos moyens. La vague du zéro déchet se répand alors, on veut réduire les emballages inutiles, consommer autrement. Ça devient même tendance, tout le monde a ses petits sacs réutilisables et ses pailles en bambou. On fait notre part comme on dit, c’est beau. Sauf que ça ne suffit pas, loin de là. Alors, bien évidemment, plus les gens se mettront, entre autres, aux éco-gestes et mieux ce sera, sans conteste. L’action individuelle a sa place dans le combat. Cependant, il ne faut pas se leurrer, ce sont quelques gouttes d’eau dans les océans. La fameuse phrase « si on s’y met tous blablabla » ne fonctionne pas, pour la simple et bonne raison que ça n’arrivera jamais. Tout le monde n’a pas les mêmes problèmes et la même sensibilité face à la situation causée par le réchauffement climatique.

Je vais maintenant donner des chiffres, parce que ça fait plus sérieux : selon une étude pilotée par le cabinet de conseil Carbone 4, « L’impact probable des changements de comportement individuel pourrait stagner autour de 5 à 10 % de baisse de l’empreinte carbone ». Or, suite à la COP 21 qui s’est déroulée en 2015, l’accord de Paris a estimé qu’il fallait au moins réduire les émissions de CO2 de 80 %. Le but étant de pouvoir espérer demeurer en dessous du seuil des deux degrés, concernant la hausse de la température globale. Il faut savoir que cet accord n’est d’ailleurs en rien contraignant et que de ce fait, les Etats signataires font ce qu’ils veulent pour réduire leurs émissions. Autant dire que cet accord est donc clairement inutile.

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D’un point de vue purement factuel, on ne peut pas compter sur la responsabilité individuelle des Français, aussi volontaire soit-elle, puisque la baisse de leurs émissions carbone serait donc minime. À titre indicatif, si cela t’intéresse, saches que, parmi les gestes simples pour protéger l’environnement comme ne plus prendre l’avion, acheter du matériel high-tech d’occasion ou faire du covoiturage, c’est adopter un régime alimentaire végétarien qui a le plus d’impact concernant la réduction des émissions de CO2. Tu peux commencer par ça si tu souhaites agir concrètement. Mais ne nous aveuglons pas pour autant ! Le gouvernement actuel et même les entreprises, s’accordent à nous faire croire que tout repose sur nos épaules. Il existe une surenchère de notre responsabilité individuelle relative au changement climatique, et tant pis si ça nous fait culpabiliser. Sauf que, pendant ce temps, les vrais responsables s’en lavent les mains.

Le réchauffement climatique, la faute aux plus riches ?

La perfection n’existe pas en écologie

Il faut donc replacer les choses à leur juste place pour ne pas se tromper de combat. Je vois bien l’ambiance qui règne parfois sur les réseaux sociaux, mais on peut aussi retrouver ces cas de figure partout. N’importe qui est prêt à montrer du doigt une autre personne qui ne ferait pas « assez bien » pour la planète. Un tel se prétend écolo alors qu’il achète encore ses vêtements dans une enseigne de fast-fashion ou ose boire dans une bouteille d’eau, quelle honte ! On ne va pas se mentir, j’ai pu penser ces choses-là aussi. Sauf que si je balaye devant ma porte, j’admets que je ne suis pas parfaite et ne le serai jamais, mais je fais au mieux, selon mon temps et mes ressources. Comme toi, comme les autres d’ailleurs, et c’est ainsi. 

La protection de la planète et la lutte contre le changement climatique ne doivent pas faire déplacer le problème initial : si on en est là aujourd’hui, c’est à cause de cette course effrénée à l’industrialisation et à l’exploitation de toutes les ressources présentes sur cette Terre. Or, qui est à la tête de tout ce gâchis ? Les grosses entreprises et les gouvernements, premiers fans du capitalisme. Les riches aussi sont de la partie, on ne va pas se le cacher. Ils bénéficient d’un favoritisme de la part des Etats qui les brossent bien dans le sens du poil.

Des chiffres ahurissants

Sais-tu comment se répartissent les richesses dans le monde ? Selon le rapport rendu par Oxfam sur les inégalités mondiales, les 2153 milliardaires recensés dans le monde possèdent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes, soit 60 % de la population mondiale. Les 1 % les plus riches du monde ont plus du double de la richesse de 6,9 milliards de personnes, soit 92 % de la population mondiale 😶. Sans surprise, ce beau palmarès est occupé par des hommes blancs ! Et pour bien marquer ce fossé qui dépasse l’entendement, on notera que la moitié de la population mondiale vit avec moins de 5 euros par jour. On se doute bien que ce ne sont pas ces dernières personnes qui utilisent l’avion comme mode de transport privilégié…

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Alors, je veux bien qu’on me dise que chacun doit faire sa part, mais quand je lis également le dernier rapport d’Oxfam sur les inégalités extrêmes en matière d’émissions de CO2, qui révèle, je cite « qu’entre 1990 et 2015, les 10 % les plus riches de la population mondiale ont été responsables de 52 % des émissions de CO2 cumulées et que les 1 % les plus riches sont responsables de deux fois plus d’émissions que la moitié la plus pauvre de l’humanité » et que « 50 % des plus pauvres sont responsables de seulement 7 % des émissions de CO2 cumulées », on a l’air nigaud avec nos ampoules basse consommation et notre covoiturage. Toi et moi, on ne vit clairement pas dans la même dimension que ces gens riches. L’urgence d’agir n’est pas du bon côté de la balance…

La protection de la planète : un combat, plusieurs coupables

Que retenir de toutes informations ? Si j’ai écrit cet article, c’est dans le but de te faire (un peu) déculpabiliser en remettant les pions à leur place. Il est très facile de tomber dans l’engrenage de l’écologie, surtout quand on est sensible. Tout nous touche, on se sent impuissant face à cet immense nuage noir qui nous menace. Il y a des jours où j’ai envie de tout laisser tomber en me disant « à quoi bon ? » et d’autres où je porte tout le poids de la protection de la planète sur mes épaules. On pourrait croire que les gouvernements prendraient ce problème à bras-le-corps, mais force est de constater que non. Ils n’ont qu’un seul mot à la bouche : croissance. Les scientifiques et nous y compris, faisons désormais passer un message très clair, la Terre va mal et une minorité d’humains privilégiés sont en train de la piller. Il serait grand temps de changer de cap et de revoir cette manière de vivre. Le monde dans lequel on vit, qui favorise la croissance absolue, n’est pas viable. Pourtant, les gouvernements ne l’entendent pas ainsi et veulent, soit disant, intégrer la notion d’écologie dans leurs projets, mais sans modifier le système actuel 😅. Moi aussi je veux avoir des abdominaux, mais sans faire de sport.

On entend parler alors de croissance verte. On continuerait notre course à la croissance illimitée, la fête du consumérisme, tout en essayant de faire gaffe à la nature quand même, parce que c’est joli. Selon moi, il est donc essentiel de garder à l’esprit que l’écologie est un combat qu’on ne mène pas seul. Chacun a en soi un militantisme plus ou moins prononcé et agit comme il le peut, cependant, il ne faut pas oublier les grands coupables de l’histoire. Ce n’est certainement pas ton voisin qui n’a pas de gourde dans son sac qui est le premier coupable. Combattre le mal à la racine, c’est considérer qu’il faut faire plier les gouvernements actuels et leur politique destructrice. La prise de parole, les actions collectives, de désobéissance civile, le vote sont des outils comme les autres pour changer le système. Même si j’ai bien conscience que ce n’est pas si simple que ça…

En bref

Tu fais partie d’un tout, mais ce tout te dépasse. L’enjeu est le suivant : ne pas te laisser engouffrer par cet ensemble trop grand pour toi. Tu as un rôle à jouer dans la protection de la planète, certes, sauf qu’il se fera à la hauteur de tes moyens et de ton envie. Ne t’épuise pas pour autant et vis ta vie, tu ne pourras pas sauver le monde. Ce dernier a pour autant besoin de personnes heureuses, actives, qui croient en ce qu’elles font. J’ai du mal à penser qu’on puisse être efficace quand on a toujours le nez dans les dernières actualités alarmantes ou les rapports chiffrés. Respire un bon coup, lis, cours, peins, mange, regarde le ciel !

Si ce sujet fait écho en toi, te travaille, laisse-moi un commentaire 😉.

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