Une sobriété numérique est-elle possible ? | Décryptage

par | Sep 17, 2021 | Le web passe au vert

À quoi ressemblera le monde de demain ? Personnellement, je me pose souvent cette question et en arrive à la conclusion suivante : il sera sûrement hyper-connecté. Oui, mais à quel prix ? Difficile de le nier, le numérique occupe une place prépondérante dans nos vies et est également un outil de transition impressionnant pour de nombreux pays ou entreprises. On commence pourtant à pointer du doigt sa face cachée. Son impact environnemental ne fait qu’augmenter, en corrélation avec l’avancée des différentes technologies digitales. Certains prônent une gestion davantage contrôlée du secteur du numérique, si on veut éviter de foncer tout droit dans le mur. Découvrons ensemble le principe de la sobriété numérique et ce que cela sous-entend.

 

La notion de sobriété numérique : l’enjeu du futur

 La sobriété numérique est une notion qui est apparue il y a une dizaine d’années environ. Si l’on devait résumer rapidement l’idée, il faudrait retenir que c’est une transition qui va à l’encontre de la surconsommation numérique actuelle. Le but est de réduire l’impact environnemental de ce secteur, bien trop conséquent. Il va d’ailleurs à l’encontre des recommandations émises par les Accords de Paris. Pour rappel, ces accords sont un plan d’action universel qui vise à réduire les émissions polluantes et à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C (ahem, on est mal barrés pour que ça se fasse 😅). En clair, cette tendance à la surconsommation numérique n’est plus possible sur le long terme, compte tenu de la mobilisation des ressources (énergie et matériaux) que cela implique.

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❗ Note importante : pour fabriquer un ordinateur portable, il faut en moyenne mobiliser 50 à 350 fois son poids en matières premières, soit environ 800 kg. Ces matières sont essentiellement des minerais précieux comme le tantale, l’indium, le gallium, l’étain, le cuivre ou encore l’argent. C’est bien au moment de la fabrication des produits électroniques que la pollution est la plus importante. L’extraction des ressources naturelles est bien trop sous-estimée et l’on comprend assez vite pourquoi ce point est incompatible avec une production effrénée de nouveaux équipements. On pourrait également parler des conditions de travail épouvantables des mineurs, mais c’est un autre sujet.

Selon The Shift Project, le numérique dans son ensemble est considéré comme étant un « levier de développement économique et social pour les pays et les entreprises ». Il peut même être un allié pour diminuer la consommation d’énergie dans certains domaines. On ne peut donc décemment pas le mettre de côté pour espérer faire bouger les choses. Il faut ainsi sortir de ce cercle vicieux. La transition numérique doit favoriser le progrès sans aggraver pour autant son empreinte environnementale. Cela passe notamment par la sobriété numérique.

 

Le retour du bon sens grâce à la sobriété numérique ?

Ça te dit quelque chose, le bon sens ? Quand je regarde le monde dans lequel on vit et comment il tourne, je me demande si la notion de bon sens n’a pas fait ses valises depuis longtemps. Elle aurait été remplacée de force par une autre notion, j’ai nommé l’absurdité. Il suffit d’observer comment fonctionnent les entreprises. Ici, on parle de la production d’objets numériques, mais mon regard accusateur se porte vers un autre secteur qui défie toutes les lois de la raison : le secteur du textile. Leur problème commun est le suivant, la surproduction. Mais alors, comment ça se goupille ?

L’envie est reine 👑

On commence par créer de l’envie, on fait rêver les gens. On leur explique pourquoi posséder tel objet va grandement améliorer leur quotidien. Alors attention, je ne dis pas le contraire. C’est quand même drôlement pratique un téléphone portable pour appeler d’où l’on veut les gens (et pour faire des vidéos Tik Tok). Là où le bon sens devrait intervenir, c’est à ce moment précis. On a un téléphone, il fait son travail, qui est de maintenir le contact avec d’autres êtres humains. Pourquoi vouloir à tout prix le remplacer un an après par son successeur, soi-disant plus performant et incroyable ? On propose toujours plus, en laissant l’impression que l’on a l’embarras du choix. Sauf que pour gérer la cadence, il faut beaucoup produire. Ainsi, les ressources de la Terre sont pillées pour fabriquer ces objets numériques. Pourtant, ça se saurait, non, si toutes ces ressources étaient inépuisables ?

Le rôle des consommateurs

L’être humain sait que rien n’est disponible à l’infini sur Terre, mais il agit comme si c’était le cas. Cependant, ce serait trop facile de rejeter uniquement la faute sur les fabricants. Et les consommateurs dans tout ça ? On fait partie de ce système à partir du moment où l’on donne son argent. Quand j’achète telle marque d’ordinateur portable, je cautionne ce que propose la marque et tout ce qui va avec. Notamment la façon dont sont gérées les conditions de fabrication et donc, entre autres, l’extraction des ressources. Tout le monde est responsable et doit prendre conscience qu’il est urgent d’agir en conscience. Il ne s’agit pas de ne plus rien acheter, mais d’acheter autrement et en fonction de ses réels besoins. C’est ce que prône la sobriété numérique du côté individuel. Nous, les consommateurs, devrions être capables de remettre en cause nos comportements d’achat et de ne pas céder aux publicités toujours plus alléchantes.

 

 

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La transition numérique sobre fait appel au bon sens des gens en leur rappelant que tout achat n’est pas sans conséquence. Que ceux qui ont les moyens et la chance de pouvoir se faire plaisir régulièrement se demandent s’ils ont vraiment besoin d’un nouvel objet numérique. Oui, la surconsommation numérique est un problème de riche. Il se manifeste principalement chez les pays développés. En 2018, un Américain possédait en moyenne 10 périphériques numériques connectés pour une consommation mensuelle de 140 Gigaoctets de données. Un Indien, quant à lui, ne possédait qu’un seul périphérique pour une consommation de 2 Gigaoctets. Les efforts doivent donc émaner des plus riches, c’est-à-dire de nous.

 

Les actions à mettre en place chez soi pour viser la sobriété numérique 🏡

Comment ça se traduit concrètement, une transition numérique sobre ?

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Si tu fais partie de ces gens pleins de bonne volonté qui veulent participer au changement, tu te demandes sûrement comment la mettre en place à ta propre échelle. Il ne faut pas se leurrer, le changement ne sera concret que si les acteurs principaux du numérique daignent revoir leurs pratiques. Pour autant, le comportement de chacun compte. L’idée principale est de faire durer ses objets numériques le plus longtemps possible, puisque l’on a vu plus haut que plus des produits sont fabriqués et plus des ressources sont utilisées. A priori, comme pour ta propre existence et celle de tes proches, tu vises la longévité de tes appareils. Pour prolonger la vie de tes objets et trouver des acteurs qui peuvent t’y aider, il y a un annuaire en ligne qui regroupe de nombreuses solutions ! Il s’agit également de posséder des objets électroniques les moins énergivores possible.

♻ Tu peux agir dès maintenant ! Parmi les actions faciles à mettre en place, il y a :

  • Éviter autant que possible de changer son téléphone alors que celui-ci fonctionne encore très bien ;
  • Si un téléphone tombe en panne ou se casse, vérifier s’il peut être réparé (ça peut aussi faire des économies en plus de préserver un peu la planète) ;
  • S’équiper simplement avec le matériel nécessaire = ne pas multiplier les appareils. Un appareil multifonctions est beaucoup moins énergivore à lui seul que trois appareils distincts par exemple ;
  • Valoriser ses déchets électroniques = on peut rapporter son ordinateur (irréparable) chez un revendeur en informatique ou le déposer dans une borne de collecte ;
  • Mettre les appareils en état de veille si l’on compte les réutiliser bientôt ou si on s’absente peu. Au-delà d’une heure d’inactivité, il vaut mieux les éteindre ;
  • Éteindre sa box la nuit ou lorsque l’on part en vacances ;
  • Brancher divers équipements sur une multiprise et penser à l’éteindre en cas d’absence ;
  • Penser à se tourner vers du matériel reconditionné ou d’occasion en cas de nouvel achat prévu.

 

La liste n’est bien sûr pas exhaustive, mais je ne peux pas tout citer. Je parlerai notamment dans un prochain article de la sobriété numérique par rapport à notre activité en ligne. C’est encore un autre aspect de cette modération recommandée et il y a pas mal de choses à dire ! La bonne nouvelle, c’est que notre activité en ligne ne dépend que de nous et que l’on peut facilement reprendre le contrôle de nos actions.

 

Avez-tu déjà entendu parler de la sobriété numérique ? Quelles sont les actions que tu as mises en place ou que tu comptes intégrer dans ton quotidien ?

 

Sources pour étayer cet article : le rapport rendu par le groupe de travail « Lean ICT » dirigé par Hugues Ferreboeuf et les données mises en ligne par l’Ademe.

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